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Arthroscopie de la hanche
Par le Docteur BOYER Thierry, le 23/10/2017
ARTHROSCOPIE DE HANCHE

L’arthroscopie de la hanche. Indications. Résultats

 

Hip arthroscopy. Indications. Results

 

T. BOYER* ; M. LEQUESNE**

 

* Institut de l’Appareil Locomoteur Nollet 23 rue Brochant 75017 Paris

** Cabinet de rhumatologie. 31-33 rue Guilleminot 75014 Paris

 

 

 

 

Mots clés : Hanche. Arthroscopie. Chondromatose. Conflit. Labrum.

Keywords : Hip. Arthroscopy. Chondromatosis. Inpingement. Labrum.  

Introduction

La hanche est une articulation profonde. Son abord en arthroscopie est moins facile que pour les articulations superficielles et nécessite un apprentissage prolongé. De ce fait, l’arthroscopie de hanche est longtemps restée « confidentielle ». Elle prend maintenant, en particulier dans les pays anglo-saxons, un essor important, lié en grande partie au progrès du matériel et à la courbe d’apprentissage des praticiens. Elle permet de mieux comprendre certains processus pathologiques. Elle ouvre des perspectives thérapeutiques nouvelles pour les hanches résistant aux traitements médicaux et qui ne justifient pas d’arthroplastie prothétique.

 

L’exploration d’une douleur ou d’un dérangement mécanique de la hanche passe par un examen clinique et des explorations complémentaires.

L’examen permet essentiellement de rapporter le dérangement à l’articulation de la hanche, en éliminant les radiculalgies, les tendinopathies et les douleurs projetées. Le siège de la douleur est variable. La douleur de l’aine est la plus fréquente et la plus caractéristique. La douleur peut être latérale, postérieure ou ne se manifester que par une douleur projetée au genou. L’examen physique de la hanche recherche des douleurs provoquées par les différentes mobilisations et une limitation des amplitudes. A l’issue de cet examen, le diagnostic de coxopathie peut être évident ou incertain Dans les cas difficiles, une infiltration test, radioguidée à l’aide d’un anesthésique local et/ou d’un corticoïde peut être un apport utile. Le choix des exploration complémentaires dépend de la pathologie soupçonnée par l’anamnèse et l’examen clinique. Le tableau 1 résume les principales éventualités de hanche douloureuse à radiographies normale ou subnormale et le choix des examens adéquats.

L’imagerie inclut une radio standard debout de face avec faux profil [1] qui suffit parfois au diagnostic comme dans le cas de corps étrangers radio-opaques ou d’une arthrose avec déjà ostéophytose et/ ou pincement de l’interligne. La scintigraphie osseuse peut confirmer la souffrance intra-articulaire mais elle est peu ou pas spécifique ; elle est moins utilisée aujourd’hui. C’est surtout l'arthroscanner et maintenant l’arthro-IRM qui représentent les examens de choix pour la pathologie synoviale, la chondropathie débutante, les corps étrangers, et les lésions du bourrelet. L'IRM sans produit de contraste est beaucoup moins performante en dehors d’un épanchement articulaire . L’arthro-IRM est moins performante que l’arthroscanner pour les lésions chondrales débutantes ou celles du labrum.

Au terme de ce bilan, un diagnostic est habituellement porté et une stratégie thérapeutique adoptée. Dans des cas bien ciblés l’arthroscopie peut représenter le choix thérapeutique. C’est particulièrement le cas dans les corps étrangers intra-articulaires et dans les lésions du bourrelet.

Malgré la sophistication des explorations paracliniques non invasives, il reste des hanches pour lesquelles la cause du dérangement articulaire demeure mystérieuse. Dans ces cas, si l’origine articulaire est très fortement suspectée, et si le traitement symptomatique reste insuffisant malgré le recul du temps, une arthroscopie de hanche peut être proposée à titre diagnostique [2] . Bien entendu, si la pathologie découverte par l’exploration est accessible au traitement endoscopique, celui-ci sera réalisé dans le même temps opératoire.

 

2. Rappel anatomique et technique de l’arthroscopie (fig 1)

 

La hanche présente deux secteurs (fig.2) :

Le premier, périphérique (ou cervical) comporte la partie intra-articulaire du col fémoral, la partie découverte de la tête fémorale, la face périphérique du bourrelet (fig.3) et la paroi synoviale avec, en particulier, le profond récessus antéro-inférieur. Le ligament orbiculaire est facilement repérable [3]. Le repli pectinéo-fovéal (ou plica ) est situé devant le bord inférieur du col, Ce secteur est explorable sans traction, plus volontiers en flexion.

Le second secteur, profond, nécessite une décoaptation coxo-fémorale habituellement sur table orthopédique. Il comporte la tête fémorale, le croissant cartilagineux cotyloïdien entourant l’arrière-fond [4] (fig.4) et la face profonde du bourrelet souvent séparée du cotyle par un sillon [5, 6]. Si l’ouverture est suffisante, les ligaments rond et transverse sont visibles.

Le risque majeur de la décoaptation est la compression périnéale du nerf pudental lié au contre appui périnéal de la table orthopédique [7], surtout pour des durées supérieures à 1,5 à 2 heures d’intervention . Cette compression peut entraîner des anesthésies ou dysesthésies locales régressives en quelques jours ou semaines ou des troubles de l’érection. Cet inconvénient peut être évité par l’utilisation de fixateurs externes réalisant une traction locale mais au prix d’un alourdissement du geste par la mise en place de broches.

Les deux explorations, périphérique et profonde, peuvent être associées dans une technique mixte, sans puis avec traction.

Les voies d’abord habituelles sont antérolatérales et sus-trochantériennes [8]

 

Les pathologies de la hanche qui peuvent bénéficier d’un traitement arthroscopique sont :

les corps étrangers ,essentiellement dans le cadre d’une chondromatose synoviale

les lésions du bourrelet

les rares tumeurs synoviales type synovite villo-nodulaire

la plica médialee (repli pectinéo-fovéal d’Amantini),

Plus récemment, la mise en évidence du conflit fémoro-acétabulaire comme cause de douleur puis d’arthrose précoce du sportif incite à des résections osseuses bien précises dont certaines peuvent être réalisées sous arthroscopie.

Nous allons détailler pour chacune de ces indications la place de l’arthroscopie.

 

Les corps étrangers

 

La chondromatose synoviale primitive est une métaplasie de la membrane synoviale qui produit des chondromes qui peuvent dans un peu plus de la moitié des cas se calcifier et/ou s‘ossifier secondairement (ostéochondromatose). Les ostéochondromes sont visibles sur les radiographies alors que le diagnostic de chondromatose non calcifiée ni ossifiée ne peut se faire qu’avec un examen de contraste mettant en évidence les chondromes radiotransparents. L’IRM sans contraste n’est pas l’examen de référence .

Pour l’interprétation de l’imagerie avec produit de contraste, il faut se méfier des faux positifs. Une synovite mécanique arthrosique et à plus forte raison inflammatoire peut prendre à la hanche un aspect particulièrement hypertrophique. Les villosités volumineuses et contenant parfois des fragments cartilagineux en cours de phagocytose peuvent être confondues avec des chondromes.

L’étude d’une cohorte personnelle de 111 cas [9] permet de faire le point sur cette pathologie. La moyenne d’âge est de 37 ans. Il n’y a pas de différence de fréquence entre les deux sexes. La durée moyenne des symptômes avant l’arthroscopie est de 31 mois. La clinique se résume à une douleur et à une limitation tardive des amplitudes articulaires. Histologiquement, les chondromes peuvent être libres, pédiculés ou enchâssés dans la membrane synoviale. Au moment de l’arthoscopie, la membrane peut être quiescente ou encore productive. Une biopsie dirigée, assez généreuse, peut préciser ce stade.

La technique arthroscopique consiste à retirer les corps étrangers à l’aide de tubes et de pinces préhensives (fig 5, 6). Une synovectomie partielle peut être justifiée si des chondromes restent enchâssés dans la membrane synoviale . Selon le siège des chondromes sur l’imagerie, l’arthroscopie peut être uniquement périphérique , centrale ou mixte (chondromes à la périphérie et/ou dans l’arrière fond) . Les résultats du traitement arthroscopique de cette cohorte sont rapportés avec un recul moyen de 78 mois. Les résultats sont bons et excellents dans 56% des cas. Au moment de la révision, dix sept pour cent des patients avaient eu une arthroplastie prothétique.

L’arthroscopie peut être considérée comme la référence pour le traitement de la chondromatose de hanche. Toutefois, le taux de récidive est élevé (18 patients de la cohorte ont eu au moins une ré-arthroscopie ). Les synovectomies à ciel ouvert pourraient avoir un taux de récidive moins important. En revanche le taux d’arthroplastie secondaire semble plus élevé dans les séries d’arthrotomies à ciel ouvert. [10]

 

Les chondromes et ostéochondromes ne résument pas à eux seuls les corps étrangers accessibles à la technique. Les traumatismes [11] peuvent libérer des fragments ostéochondraux. La littérature rapporte l’éxérèse arthroscopique de fragment de ciment libre après arthroplastie prothètique [12], de projectiles [13] ou de matériel chirurgical rompu

 

 

La pathologie synoviale

Les synovites inflammatoires ou tumorales (synovite villo-nodulaire pigmentée (SVN) peuvent bénéficier,si besoin,d’une biopsie dirigée et peuvent être traitées par synovectomie. Dans les atteintes diffuses, la synovectomie ne peut jamais être complète car le secteur postéro-inférieur est très difficilement accessible. L’arthroscopie est particulièrement adaptée aux formes « tumorales » mono- ou bifocales isolées de la SVN. La tumeur, souvent unique et pédiculée à la membrane synoviale peut être retirée en une pièce après excision de son pied d’insertion.

 

La pathologie du repli pectinéo-fovéal d’Amantini (ou plica )

Il existe , au bord inférieur du col fémoral, une formation fibreuse constante, connue en France sous le nom de repli pectinéo-fovéal d’Amantini et sous celui de plica inférieure dans les pays anglo-saxons. Le tendon psoas-iliaque, extra-articulaire, croise ce repli .(fig 7). Un conflit peut se créer entre les deux structures avec apparition d’une synovite de contact en regard du croisement. La symptomatologie se résume à une douleur mal systématisée.

Le diagnostic ne peut jamais être fait cliniquement et l’imagerie de ce repli est très difficile. May [14] rapporte les résultats de la résection arthroscopique du repli. Dans une série rétrospective de 10 cas , il isole un petit groupe homogène de 6 cas concernant des patients jeunes et sportifs, sans antécédents, présentant une douleur de hanche accentuée par la flexion associée à des mouvements de rotation du membre inférieur. Le début a été brutal. La durée des symptômes avant l’arthroscopie a été de 20 mois en moyenne. Le conflit a été constamment une découverte de l’exploration endoscopique qui n’a par ailleurs révélé aucune anomalie. Les résultats de la résection du repli a été excellente dans les 6 cas , avec une reprise du sport au même niveau. On ne peut évidemment pas tirer de conclusion d’une série rétrospective aussi courte, mais il convient de signaler la possibilité de cette pathologie jusqu’ici inconnue.

 

Dans les arthrites infectieuses, le prélèvement suivi d’un lavage abondant et dirigé est recommandé [15, 16].

 

Les lésions du labrum

Le bourrelet, labrum acétabulaire dans la nouvelle nomenclature, est un fibro-cartilage enroulé sur le pourtour de la cavité cotyloïde. En coupe transversale, il a la forme d’un prisme triangulaire dont une face est adhérente au sourcil cotyloïdien, une face interne concave et lisse, est en continuité avec la cavité cotyloïde et une face externe convexe qui donne insertion à la capsule. Il a un rôle de joint d’étanchéité dans la phase pendulaire du pas (jambe « suspendue »), et d’amortisseur lorsque le membre est en appui ; il joue un rôle de centreur et de répartiteur de pression en se vrillant autour de la tête fémorale pendant la phase active du pas [17]. Il augmente le surface, la profondeur et le volume de la cavité cotyloïdienne [18]. Le labrum est richement vascularisé et innervé , ce qui le différencie des ménisques du genou.

La pathologie du labrum correspond à plusieurs mécanismes physiopathologiques. Les premières descriptions ont concerné des lésions provoquées par des luxations traumatiques de hanche ou des hanches dysplasiques Ce n’est que depuis une vingtaine d’années qu’ont été rapportées des lésions non traumatiques du labrum, en particulier chez des sportifs. L’existence de lésions isolées du bourrelet est aujourd’hui bien acceptée

Les lésions du labrum ont fait l'objet de nombreuses publications [19-24]. Leur fréquence est très diversement évaluée et les variations anatomiques sont nombreuses : le labrum peut être hypertrophique, hypermobile, clivé ou même agénésique.

 

La clinique comporte essentiellement des douleurs, des accrochages voire des blocages [25]. Le diagnostic repose sur les manœuvres cliniques qui sont plus volontiers douloureuses en passif contrairement aux tendinopathies,. Le test diagnostique à l’aide d’un anesthésique local peut être utile. L’IRM est source de nombreux faux positifs [26, 27]. L’arthroscanner ou l’arthoIRM sont les examens de choix.avec, en France, une préférence pour l’arthroscanner de meilleure résolution.

Il n’existe pas de classification de référence. Lage [28] a proposé de distinguer les fentes radiales, les fibrillations radiales, les fissures longitudinales et les bourrelets hyperrmobiles. La lésion peut être périphérique, à type de désinsertion. Elle peut siéger dans l’épaisseur du labrum pouvant parfois réaliser une véritable anse de seau luxable dans l’interligne ou une languette pédiculée (fig.8).

 

En dehors des grands traumatismes de la hanche, les lésions du labrum obéissent schématiquement à quatre mécanismes dont certains peuvent être intriqués.

Le premier entre dans le cadre d’une dysplasie : le labrum, compensant l’insuffisance osseuse est hypertrophique. Sa rupture est à l’origine d’une décompensation douloureuse de la dysplasie.

Le second correspond à une dysmorphie de la tête fémorale et/ou du cotyle dans le cadre d’un conflit fémoro-acétabulaire par effet came ou par effet pince (voir chapitre suivant). Le labrum joue dans ces cas le rôle de l’agressé, les agresseurs étant le rebord cotyloïdien et/ou la jonction tête-col fémoral. La lésion labrale est un épiphénomène.

Le troisième mécanisme est une hypersollicitation sportive (gestes de forte amplitude) qui provoque une lésion isolée du labrum, sans dysplasie ni dysmorphie.

Enfin le quatrième mécanisme est une dégénérescence labrale dans le cadre d’une coxarthrose

 

Les fissures du bourrelet peuvent fréquemment provoquer des formations kystiques mucoïdes [29-31] qui déforment le bourrelet en le rendant large et épais..A un stade ultérieur, le kyste peut migrer soit en avant et au-dessus du cotyle soit en réalisant des lacunes ou géodes intra-osseuses.

 

Le traitement des lésions du labrum dépend étroitement du diagnostic physiopathologique et des données de l’imagerie.

La résection arthroscopique ou la réinsertion du labrum est justifiée dans les lésions isolées. Les corrections osseuses à ciel ouvert ou sous arthroscopie représentent l’essentiel du traitement dans les lésions secondaires car elles offrent l’espoir de réduire le risque d’aggravation de la chondropathie : butée cotyloïdienne ou plus rarement ostéotomie du cotyle dans les dysplasies, acétabuloplastie et/ou remodelage de la jonction tête-col dans les conflits fémoro-acétabulaires.

Toutefois, en pratique, l’anomalie osseuse est parfois mineure ou le geste de correction osseuse peut s’avérer particulièrement lourd (ostéotomie périacétabulaire [32] en particulier). Il est alors licite de se demander si la douleur n’est pas due à la lésion labrale, qui , corrigée, permettrait de revenir à un état antérieur , certes légèrement dysplasique ou dystrophique mais bien toléré.

Techniquement, les languettes (fig 8) et les fissures bénéficient d’une excision limitée à la zone pathologique. La constatation d’une désinsertion osseuse du labrum pose la question d’une éventuelle réinsertion. Ferguson [33] ainsi que Petersen [34] ont souligné les effets iatrogènes possibles des excisions du labrum qui augmenteraient considérablement les contraintes sur le cartilage. Ils plaident pour une réparation ou une réinsertion des lésions quand cela est possible , afin de restaurer si possible la biomécanique articulaire. A l’opposé, expérimentalement, Miozzari [35] n’a pas trouvé d’effet délétère de la résection du bourrelet chez le mouton.

Les résultats des séries de traitement des lésions labrales sont fortement influencés par l’état du cartilage au moment du geste. Farjo et Glick [21] obtiennent 71 % de bons résultats si le cartilage est normal. Fitzgerald [22] obtient 89% de guérison ou amélioration substantielle, 50% des patients reprenant toutes leurs activités sportives. Bonnomet [19] confirme que les patients qui présentent une lésion isolée sans arthrose ni dysplasie conservent un très bon résultat à 4 ans. McCarthy [36] a aussi montré cette corrélation entre les résultats et l’état du cartilage. La présence de lésions cartilagineuses fait chuter le taux de bons résultats au-dessous de 50% [17, 19].

Il n’existe pas à notre connaissance de séries concernant des résections isolées du labrum à ciel ouvert

Pour les kystes du labrum, dans les deux cas de Ueo et Hamabuchi [31], et dans le cas de Matsui [30], leur résection à ciel ouvert a abouti à la guérison. A priori, l’arthroscopie ne paraît pas être le traitement de choix des kystes migrés. La seule possibilité technique est de réséquer le bourrelet dans la zone atteinte en espérant la disparition secondaire du kyste par suppression de sa cause, comme cela s’observe au ménisque du genou.

 

 

 

 

Les conflit antérieur fémoro acétabulaire (CAFA)

 

Il a fait l’objet d’une présentation détaillée dans l’Actualité 2007 [37].

Il est créé par l’une des dysmorphies suivantes :

défaut de dénivelé cervicocéphalique ; tête et col sont quasi-alignés dans leur contour supéro-externe et surtout antérieur avec parfois même une voussure ; cette dysmorphie entraîne un « effet came » dans des sports comme la danse, le judo , le karaté, la boxe française, l’aviron.

-défaut de la partie supérieure du cotyle, qui est soit trop couvrante (protrusion acétabulaire), soit rétroversée : son bord antérosupérieur devenu trop externe fait butoir et s’oppose trop tôt au col dans la flexion (effet pince)

hyperantéversion du bassin liée à une hyperlordose lombaire qui abaisse le bord antérieur du toit et le bourrelet.

 

Cliniquement, il s’agit de sujets jeunes, entre 20 et 50 ans, qui présentent une douleur antérieure de hanche recrée par la flexion , rotation interne, signe sensible mais peu spécifique, sauf si la mobilisation dans les autres directions est indolore. L’atteinte du cartilage est parfois déjà radiovisible, parfois infraradiologique. Elle est absente dans environ un tiers des cas. La lésion du labrum est précoce et parfois isolée. Les radiographies de face, en faux profil et surtout en profil chirurgical montrent les éventuelles dysmorphies. L’arthroscanner ou l’arthroIRM identifient au mieux les lésions du cartilage et du labrum.

L’arthroscopie visualise les lésions cartilagineuses et labrales. Le décollement en masse du cartilage qui perd toute adhérence avec l’os sous-chondral dans la zone conflictuelle est particulièrement caractéristique du conflit par effet came.

Le traitement est chirurgical ou arthroscopique, ce dernier tendant à l’emporter aujourd’hui.

Il vise à réséquer ou réparer les lésions labrales algogènes et à supprimer la cause dysmorphique du CAFA. La dysmorphie cervico-céphalique est traitée par une abrasion osseuse permettant le rétablissement d’un décalage concave normal de la jonction tête-col.

Il convient , quelle que soit la technique, de s’assurer, en fin de résection, de façon dynamique, que le conflit a bien été levé. Les possibilités de cicatrisation sont plus importantes que pour les ménisques du genou en raison d’une meilleure vascularisation. Ceci permet d’étendre l’indication des réinsertions. Bien entendu, les lésions complexes, déchiquetées doivent être simplement réséquées ou régularisées.Les lésions du cartilage sont traitées par excision et régularisation. Si l’auvent cotyloidien antérieur est trop couvrant, en particulier dans les conflits de type « pince », il faut réséquer le rebord cotyloïdien (acétabuloplastie). Dans ce cas, si le bourrelet n’est pas délabré, il faut le désinsérer pour réaliser la résection osseuse, puis le réinsérer sur le rebord du cotyle.

Langlais, dans sa synthèse du symposium 2005 de la Société d’Orthopédie et de Traumatologie de l’Ouest [38] , résume bien les indications actuelles du traitement. Les conflits primaires (cames et pinces) doivent être traités par suppression du conflit .

Dans les cames, il convient de commencer par l’ostéoplastie du col et de vérifier par un examen dynamique en flexion adduction si le conflit a été supprimé. Si l’espace recréé s’avère insuffisant, une acétabuloplastie complémentaire (résection du bord antérieur du cotyle) peut être réalisée. Toutes les techniques sont possibles, mais l’arthroscopie semble réduire les inconvénients postopératoires.

Dans les pinces, l’acétabuloplastie, volontiers arthroscopique, semble le meilleur compromis à condition de s’être assuré du caractère primaire et localisé du conflit. L’intérêt du traitement arthroscopique devra cependant être confirmé dans l’avenir avec, en particulier l’établissement de critères radiographiques de résection osseuse. Il faudra également vérifier si la bonne qualité technique de la résection osseuse est corrélée au résultat clinique.

 

 

La coxarthrose

Des résultats de l’arthroscopie à visée thérapeutique dans l’arthrose ont été publiés [39]. Le débridement des clapets cartilagineux instables, les perforations transchondrales ou l’abrasion arthroplastique n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à la hanche

 

 

Les lésions du ligament rond.

L’arrachement du ligament rond (fig.9) post-traumatique est connu [40, 41]. Gray et Villar [42] ont aussi rapporté des lésions dont certaines sont partielles atraumatiques et d’autres mineures d’aspect dégénératif associées à une coxarthrose. Byrd [43] a rapporté une série de 23 cas de lésions traumatiques ; quinze cas correspondent à des traumatismes majeurs ; huit cas sont survenus au cours d’accidents sportifs en torsion de hanche. L’auteur insiste sur la difficulté diagnostique puisque seuls 2 cas ont été identifiés avant l’arthroscopie. La résection du ligament rompu semble donner de très bons résultats.

 

 

Conclusion

La hanche est une articulation accessible à l’arthroscopie. Ses indications sont à la fois diagnostique et thérapeutique. Elle peut être proposée pour établir un diagnostic quand une douleur de hanche reste mystérieuse après les examens non invasifs (ce qui reste plus fréquent que pour d’autres articulations). Elle représente le choix thérapeutique de référence pour les chondromatoses et autres corps étrangers articulaires, dans les tumeurs synoviales localisées et dans les lésions isolées du bourrelet. Elle peut être une alternative à la chirurgie à ciel ouvert dans le traitement de cas sélectionnés de conflit fémoro-acétabulaire.

 

Références



 

 

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